Après plusieurs campagnes marquées par la sécheresse, le Maroc entrevoit une saison agricole nettement plus favorable. Le Royaume devrait récolter près de 9 millions de tonnes de céréales au titre de la campagne 2025-2026, selon les dernières données communiquées par le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari.
Intervenant devant le Parlement, le ministre a précisé que la production attendue comprend environ 4,4 millions de tonnes de blé tendre, 2,1 millions de tonnes de blé dur et 2,5 millions de tonnes d’orge. Ces volumes confirment le redressement de la filière céréalière après les importantes précipitations enregistrées au printemps dans plusieurs régions agricoles du pays.
Des mesures pour protéger la production nationale
Afin de soutenir la commercialisation de la récolte locale, le gouvernement a décidé de relever les droits de douane sur les importations de blé tendre durant les mois de juin et juillet. Cette mesure vise à offrir de meilleures conditions de marché aux producteurs marocains et à limiter la pression exercée par les céréales importées.
Parallèlement, des incitations financières ont été mises en place pour encourager les opérateurs à acheter et à valoriser le blé produit localement. Les autorités souhaitent également renforcer les capacités de stockage afin de sécuriser les approvisionnements du pays.
Objectif : constituer un stock stratégique de 800.000 tonnes
Dans cette optique, le ministère de l’Agriculture ambitionne de constituer un stock de 800.000 tonnes de blé local. Cette stratégie s’inscrit dans une démarche de renforcement de la souveraineté alimentaire du Royaume et de réduction de sa dépendance aux fluctuations des marchés internationaux.
Selon les informations relayées par Reuters, les négociants et les minoteries se sont engagés à acquérir entre 1,5 et 2 millions de tonnes de blé marocain au cours de cette campagne.
Des défis persistent sur le terrain
Malgré les perspectives encourageantes, plusieurs professionnels du secteur soulignent que la récolte n’a pas atteint tout son potentiel. Le manque de main-d’œuvre agricole, la rareté des moissonneuses-batteuses dans certaines régions et la baisse de la teneur en protéines de certaines productions ont pesé sur les rendements et la qualité des grains.
Les opérateurs expliquent notamment que de nombreux agriculteurs ont limité l’utilisation d’engrais azotés en raison de leur coût, ce qui a affecté la qualité du blé récolté.
Une campagne qui redonne de l’espoir au secteur agricole
Après plusieurs années difficiles marquées par le stress hydrique, cette campagne céréalière représente une bouffée d’oxygène pour le monde agricole marocain. Si les volumes annoncés se confirment, la récolte 2026 pourrait constituer l’une des meilleures performances enregistrées ces dernières années et contribuer à améliorer la sécurité alimentaire du pays tout en soutenant les revenus des agriculteurs.

