Une économie nationale soutenue par la demande intérieure et la reprise agricole
L’économie marocaine aborde le milieu de l’année 2026 avec plusieurs indicateurs orientés favorablement, malgré les tensions géopolitiques qui continuent de peser sur l’environnement international. Selon la dernière note de conjoncture de la Direction des Études et des Prévisions Financières (DEPF), la campagne agricole 2025-2026 devrait enregistrer une production céréalière estimée à 90 millions de quintaux, soit plus du double de celle de la saison précédente. Cette performance s’accompagne d’une amélioration des autres filières agricoles ainsi que de l’élevage.
Dans le même temps, la consommation des ménages demeure soutenue par les mesures publiques destinées à préserver le pouvoir d’achat. L’inflation reste contenue à 1,2 % en mai 2026, tandis que les crédits à la consommation progressent de 4,7 % et que les transferts des Marocains résidant à l’étranger augmentent de 9,8 %. Ces facteurs contribuent à maintenir une dynamique favorable de la demande intérieure.
L’investissement continue également de bénéficier des grands chantiers structurants engagés dans le Royaume. Les dépenses d’équipement de l’État affichent une hausse de 17 % à fin mai, tandis que les importations de biens d’équipement progressent de 21,8 % et les crédits à l’équipement de 29,6 %, témoignant d’une activité soutenue dans plusieurs secteurs productifs.
Le tourisme confirme son rôle de moteur de croissance
À l’approche de la saison estivale, le tourisme poursuit sa progression. Le Maroc a accueilli 7,7 millions de visiteurs durant les cinq premiers mois de l’année, soit une hausse de 7 % par rapport à la même période de 2025. Les nuitées dans les établissements d’hébergement classés ont progressé de 9 % à fin avril, tandis que les recettes voyages enregistrent une forte hausse de 21,2 %.
Le transport aérien accompagne cette dynamique. Plus de 12,3 millions de passagers ont transité par les aéroports marocains à fin avril, en progression de 9,7 %. Les liaisons avec l’Afrique, l’Europe et les Amériques affichent des performances particulièrement solides, confirmant l’attractivité croissante de la destination Maroc.
Les activités portuaires restent également bien orientées. Le trafic global des ports nationaux a augmenté de 4,3 % à fin mars, porté notamment par les importations, les hydrocarbures et les céréales.
Les exportations industrielles maintiennent leur élan
Sur le front du commerce extérieur, les exportations marocaines poursuivent leur progression. À fin avril 2026, elles atteignent 168,9 milliards de dirhams, en hausse de 8,7 % sur un an. Cette évolution est principalement portée par les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique.
L’automobile consolide sa place de premier secteur exportateur du Royaume avec des ventes à l’étranger en hausse de 18,6 %, représentant désormais 34,5 % de l’ensemble des exportations marocaines. L’aéronautique affiche également une progression notable de 15,9 %, dépassant les 11 milliards de dirhams d’exportations.
Cette dynamique n’empêche toutefois pas une aggravation du déficit commercial. Les importations augmentent de 12,7 %, un rythme supérieur à celui des exportations, ce qui entraîne une hausse du déficit commercial de 18,4 % et un recul du taux de couverture à 57,1 %.
Des finances publiques sous pression mais un financement de l’économie plus dynamique
Les finances publiques enregistrent un déficit budgétaire de 30,1 milliards de dirhams à fin mai 2026, contre 26,7 milliards un an auparavant. Cette évolution s’explique principalement par une hausse des dépenses publiques plus rapide que celle des recettes ordinaires. Les dépenses d’investissement atteignent 51,1 milliards de dirhams, traduisant la poursuite de l’effort public en faveur des infrastructures et du développement économique.
Du côté du financement de l’économie, les signaux demeurent encourageants. Les crédits au secteur non financier progressent de 8,1 % à fin avril, contre 4,2 % un an auparavant. Les entreprises comme les ménages bénéficient de cette amélioration des conditions de financement, dans un contexte marqué par la poursuite des investissements et de la consommation.
Une conjoncture mondiale qui reste sous surveillance
La note de la DEPF souligne néanmoins que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient demeurent le principal facteur d’incertitude pour l’économie mondiale. Le FMI prévoit un ralentissement de la croissance mondiale à 3,1 % en 2026, tandis que l’OCDE anticipe une progression limitée à 2,8 %. Les fluctuations des prix de l’énergie et les risques pesant sur les échanges internationaux continuent ainsi de représenter des défis pour les économies importatrices.
Malgré cet environnement international complexe, les indicateurs nationaux montrent que l’économie marocaine conserve des moteurs solides de croissance, portés par la reprise agricole, la vitalité du tourisme, le dynamisme des exportations industrielles et la poursuite des investissements publics.

