Le Maroc a mis en avant sa vision d’une intelligence artificielle souveraine et ouverte lors de l’UN Open Source Week 2026, organisée au siège des Nations Unies à New York. En marge de cet événement international, le ministère de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration a réuni responsables publics, experts technologiques et représentants d’organisations internationales autour d’une table ronde de haut niveau consacrée aux modèles d’intelligence artificielle open source.
Organisée dans le cadre du Digital for Sustainable Development Hub (D4SD Hub), porté conjointement par le Royaume du Maroc et le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), cette rencontre s’est tenue sous le thème : « Open Models, Open Futures: Building Sovereign AI for Africa and the Arab States ». Les échanges ont porté sur les moyens permettant aux pays africains, arabes et plus largement au Sud global de participer activement à la conception des technologies d’intelligence artificielle, plutôt que de se limiter à leur utilisation.
Prenant la parole à l’ouverture des travaux, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a défendu le rôle stratégique des modèles open source dans la construction d’une souveraineté numérique durable. Selon elle, l’accès au code, aux architectures et aux mécanismes de fonctionnement de l’intelligence artificielle permet aux États, aux universités, aux entreprises innovantes et aux administrations publiques de mieux maîtriser les technologies qu’ils déploient, tout en les adaptant à leurs besoins spécifiques.
Cette approche s’inscrit dans la feuille de route nationale « AI Made in Morocco 2030 », qui ambitionne de faire émerger un écosystème marocain capable de produire des solutions d’intelligence artificielle développées localement. L’objectif est de concevoir des outils adaptés aux réalités linguistiques, culturelles et économiques du Royaume, tout en garantissant leur fiabilité, leur inclusivité et leur conformité aux exigences nationales.
Au cours de la rencontre, les Instituts Al Jazari ont été présentés comme l’un des leviers majeurs de cette stratégie. Ces structures ont vocation à rapprocher les universités, les startups, les acteurs industriels, les administrations et les collectivités territoriales afin d’accélérer le transfert technologique et le développement d’applications concrètes de l’intelligence artificielle. Une attention particulière est accordée aux modèles capables de prendre en compte les spécificités linguistiques du Maroc, notamment l’arabe, la darija et l’amazigh.
La ministre a également mis en lumière le programme RallyIA Future Lab, présenté comme une plateforme destinée à fédérer une nouvelle génération de talents africains et arabes. Chercheurs, entrepreneurs, développeurs et innovateurs y sont invités à collaborer autour de projets à forte valeur ajoutée, avec l’ambition de renforcer la capacité de production technologique du continent et de la région.
Au-delà du cadre national, les discussions ont souligné le potentiel du D4SD Hub comme instrument de coopération Sud-Sud et triangulaire. Cette initiative vise à créer des passerelles entre gouvernements, universités, partenaires du développement, secteur privé et communautés d’innovation afin de répondre à des défis communs dans plusieurs domaines stratégiques. L’éducation, la santé, l’agriculture, les services publics numériques, l’identité numérique, l’inclusion sociale, les technologies linguistiques et l’emploi des jeunes figurent parmi les priorités identifiées.
La présence du Maroc à l’UN Open Source Week 2026 illustre son ambition de jouer un rôle actif dans la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle. Le Royaume plaide pour un développement technologique ouvert, appuyé sur la souveraineté numérique et la montée en compétences des écosystèmes locaux, avec pour objectif de mettre l’IA au service du progrès économique et social.


