À l’approche du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, le climat social tendu qui secoue le Mexique s’invite déjà aux portes du tournoi. Mardi, des milliers d’enseignants en grève ont bloqué plusieurs accès stratégiques autour du stade Aztèque de Mexico, où doivent se dérouler jeudi la cérémonie d’ouverture et le premier match du Mondial entre le Mexique et l’Afrique du Sud.
La mobilisation, menée par une branche dissidente du syndicat de l’éducation Coordinadora Nacional de Trabajadores de la Educación (CNTE), a provoqué d’importantes perturbations dans plusieurs quartiers de la capitale mexicaine. Très tôt dans la journée, de longs cortèges de manifestants ont convergé vers les abords du stade Aztèque, entraînant des ralentissements majeurs sur les principaux axes routiers menant à l’enceinte sportive.
Face au risque de débordements à l’approche de l’un des événements sportifs les plus médiatisés au monde, les autorités ont déployé un important dispositif sécuritaire. Des milliers de policiers ont été mobilisés autour du stade, tandis que des barrières en béton et des points de contrôle ont été installés pour empêcher les manifestants d’atteindre les entrées principales.
Malgré la tension, les rassemblements se sont déroulés sans affrontements majeurs. Après plusieurs heures de mobilisation et une assemblée publique organisée à proximité du stade, les manifestants ont quitté les lieux dans le calme en fin de journée. Le secrétaire à la Sécurité de Mexico, Pablo Vazquez, a salué le caractère pacifique de la manifestation.
Depuis plusieurs jours, la CNTE maintient la pression sur le gouvernement mexicain. Les enseignants réclament une hausse des salaires, ainsi que l’abrogation d’une réforme des retraites qu’ils jugent défavorable à leur profession. Le gouvernement, de son côté, estime que les demandes formulées dépassent les capacités budgétaires actuelles du pays, tout en affirmant avoir déjà amélioré les conditions de travail des enseignants.
Au cœur du cortège, plusieurs slogans hostiles à l’organisation de la Coupe du monde 2026 ont été entendus. Certains manifestants appellent même au boycott du tournoi afin d’attirer l’attention internationale sur leurs revendications sociales. Un campement a également été installé à proximité du Zocalo, la grande place centrale de Mexico, où les autorités ont aménagé une vaste zone dédiée aux supporters du Mondial.
La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a dénoncé des actions relevant, selon elle, de la « provocation », notamment après des dégradations signalées sur certaines installations liées à la compétition. La cheffe de l’État a toutefois exclu, pour l’heure, toute intervention policière musclée contre les manifestants. Elle assure que l’ouverture de la Coupe du monde se déroulera « dans la paix et la tranquillité ».
Cette montée des tensions sociales intervient à un moment particulièrement sensible pour le Mexique, coorganisateur du Mondial 2026 avec les États-Unis et le Canada. Le pays espère profiter de l’événement pour renforcer son image internationale et stimuler son activité touristique, alors que des millions de téléspectateurs suivront la cérémonie d’ouverture depuis Mexico.
Malgré les perturbations et les appels à manifester lors du match inaugural, les organisateurs poursuivent les derniers préparatifs et assurent que toutes les dispositions nécessaires sont prises pour garantir la sécurité des supporters, des équipes et des délégations présentes dans la capitale mexicaine.


