Figure emblématique de la scène artistique égyptienne, Samiha Ayoub s’est éteinte ce mardi au Caire, à l’âge de 93 ans, laissant derrière elle un héritage profondément ancré dans la mémoire culturelle du monde arabe.
Née en 1932 dans le quartier populaire de Shubra, Samiha Ayoub avait très tôt épousé les planches, avant de s’imposer comme une légende du théâtre. Diplômée de l’Institut des arts du théâtre en 1952, elle s’était taillé une place de choix sur les scènes égyptiennes, incarnant avec intensité des personnages marquants dans des œuvres telles que Al-Bakheel (L’Avare) et Kobry Al-Namoos (Le Pont des moustiques).
Surnommée affectueusement la “Dame du théâtre arabe”, elle a également brillé à la radio, grâce à des feuilletons devenus cultes, dont Samara et Rabaa El-Adawya, qui ont bercé des générations d’auditeurs.
Sa carrière cinématographique, bien que plus discrète, n’en fut pas moins marquante. Elle y a signé des rôles forts dans Bein El Atlal (1959), Tita Rahiba (2012) et El-Leila El-Kebira (2015), confirmant son talent protéiforme et sa longévité artistique exceptionnelle.
Avec la disparition de Samiha Ayoub, l’Égypte perd l’une de ses grandes voix. Une étoile s’éteint, mais son éclat continuera d’illuminer le patrimoine théâtral et cinématographique du monde arabe.

