Le débat sur l’avenir de l’intelligence artificielle au Maroc s’est imposé comme l’un des temps forts de la troisième journée du « Rally IA Future Lab », organisé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Réunis à Merzouga en présence de la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, experts, chercheurs et responsables institutionnels ont placé au cœur des discussions les enjeux de la confiance numérique, de la gouvernance des données et de la souveraineté technologique.
Les échanges ont mis en lumière un constat partagé : le développement d’une intelligence artificielle performante et durable repose avant tout sur la qualité des données, la protection des droits des citoyens et la formation des compétences capables d’accompagner la transformation numérique du Royaume.
Intervenant lors de cette rencontre, Omar Seghrouchni, président de la Commission nationale de contrôle de la protection des données à caractère personnel (CNDP), a souligné que la protection des données personnelles est devenue un levier stratégique pour l’essor de l’économie numérique. Selon lui, la confiance des citoyens dans les services numériques dépend directement des garanties apportées en matière de respect de la vie privée et de sécurité des données.

Il a insisté sur le fait que l’innovation technologique et la protection des droits fondamentaux ne s’opposent pas. Bien au contraire, elles se renforcent mutuellement. Dans cette perspective, la généralisation des services numériques nécessite la diffusion d’une culture de responsabilité numérique fondée sur un usage respectueux des données personnelles et sur une meilleure maîtrise des technologies émergentes.
La question de la donnée a également occupé une place centrale dans les débats. Souhaib Ben Taieb, professeur à Mohamed bin Zayed University of Artificial Intelligence d’Abou Dhabi, a rappelé que les données constituent la matière première de l’intelligence artificielle. La pertinence des modèles algorithmiques, leur efficacité et leur capacité à produire des résultats concrets dépendent largement de la qualité des informations exploitées et des mécanismes de gouvernance mis en place.
Face aux jeunes participants du programme, il a plaidé pour une approche orientée vers la résolution de problématiques réelles. Selon lui, les projets d’intelligence artificielle doivent répondre aux besoins des territoires, des entreprises et des citoyens afin de générer un impact tangible sur le développement économique et social. Une démarche qui contribue également au renforcement de la souveraineté numérique du Maroc.

Les enjeux éthiques liés à l’essor de l’intelligence artificielle ont été abordés par Bassem Bennani, directeur exécutif marketing pour l’Afrique du Nord chez Nokia. Il a défendu une vision de l’innovation centrée sur l’humain, estimant que les futures applications de l’IA devront intégrer dès leur conception des principes de transparence, de confidentialité, d’équité, de responsabilité et de durabilité.
Cette réflexion s’est prolongée lors d’une table ronde animée par la chercheuse Ihssane Chekhaoui et réunissant des représentants de la CNDP, de Zen Networks et de l’Université Euromed de Fès. Les intervenants ont convergé vers une même conclusion : la construction d’une intelligence artificielle de confiance au Maroc passe par l’articulation de plusieurs facteurs complémentaires, notamment une gouvernance rigoureuse des données, des compétences qualifiées, un cadre éthique solide et un environnement numérique sécurisé.
À travers cette troisième journée, le « Rally IA Future Lab » confirme son ambition de contribuer à l’émergence d’une nouvelle génération d’innovateurs capables d’accompagner les transformations technologiques du Royaume. Les discussions ont également mis en évidence la volonté du Maroc de consolider sa place parmi les acteurs les plus dynamiques du continent africain dans les domaines de l’intelligence artificielle, de l’innovation numérique et de l’économie de la donnée.

