L’association Ma Tqich Ouldi tire la sonnette d’alarme face à la montée des risques d’exploitation sexuelle des mineurs à travers les plateformes numériques. Dans un communiqué diffusé récemment, l’organisation affirme observer une évolution préoccupante des modes opératoires utilisés par les réseaux impliqués dans la prostitution des enfants et le trafic sexuel, avec un recours de plus en plus fréquent aux réseaux sociaux et aux applications numériques pour cibler les plus jeunes.
Selon l’association, ces outils, conçus à l’origine pour faciliter la communication et le partage d’informations, sont aujourd’hui détournés par certains individus et groupes criminels afin d’entrer en contact avec des mineurs, d’exploiter leur vulnérabilité et de les exposer à différentes formes de prédation sexuelle. L’organisation estime que cette mutation vers l’espace numérique complexifie davantage la détection des auteurs et accroît les risques auxquels sont confrontés les enfants.
Ma Tqich Ouldi considère que l’exploitation sexuelle des mineurs, qu’elle se déroule dans l’espace physique ou à travers les canaux numériques, constitue une atteinte grave aux droits fondamentaux de l’enfant. L’association souligne que ces pratiques portent atteinte à la dignité humaine, compromettent la sécurité collective et violent les engagements internationaux relatifs à la protection de l’enfance ainsi que les garanties prévues par la législation marocaine.
L’organisation met également en garde contre les conséquences particulièrement lourdes de ces crimes sur les victimes. Les enfants concernés peuvent subir des traumatismes durables affectant leur équilibre psychologique, leur développement social et leur intégrité physique. Face à cette réalité, elle appelle à une mobilisation rapide des institutions chargées de la protection des mineurs.
Dans ce contexte, l’association demande aux autorités sécuritaires, judiciaires et aux services techniques spécialisés de renforcer les dispositifs de surveillance numérique. Elle plaide pour une vigilance accrue à l’égard des plateformes et applications susceptibles d’être utilisées pour attirer ou manipuler des enfants, tout en réclamant le démantèlement des réseaux impliqués dans ces activités criminelles.
Ma Tqich Ouldi insiste également sur la nécessité d’une réponse pénale ferme. Elle appelle à l’application des sanctions les plus sévères prévues par la loi contre toute personne impliquée dans l’exploitation sexuelle des enfants, la traite des êtres humains ou l’intermédiation au sein de réseaux de prostitution. Pour l’association, le renforcement de l’arsenal répressif demeure un levier essentiel pour lutter contre l’impunité et dissuader les auteurs de ces infractions.
Au-delà de l’action des pouvoirs publics, l’organisation estime que la lutte contre l’exploitation sexuelle des mineurs sur Internet doit mobiliser l’ensemble des acteurs concernés. Elle invite les établissements scolaires, les médias, les associations et les familles à renforcer les efforts de sensibilisation aux dangers de la criminalité numérique visant les enfants. Elle recommande également un meilleur accompagnement des parents afin de leur permettre de maîtriser les outils de contrôle parental et les mécanismes de prévention adaptés aux nouveaux usages numériques.
L’association réaffirme enfin son engagement à poursuivre ses actions de veille, de suivi et de plaidoyer en coordination avec les autorités compétentes. Elle rappelle que la protection des enfants contre l’exploitation sexuelle et les réseaux de trafic constitue un défi majeur qui engage la responsabilité de l’ensemble de la société et nécessite une vigilance permanente face à l’évolution des menaces dans l’environnement numérique.


