Le Maroc et le Chili ont franchi une nouvelle étape dans le renforcement de leurs relations économiques en lançant officiellement des négociations en vue de conclure un accord de libre-échange (ALE). Cette initiative, concrétisée par la signature d’une déclaration conjointe entre le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, et la sous-secrétaire chilienne aux Relations économiques internationales, Paula Estévez, vise à instaurer un cadre moderne destiné à stimuler les échanges commerciaux, les services et les investissements entre les deux pays.
Si les discussions aboutissent, cet accord marquerait une première à double titre : il constituerait le premier accord de libre-échange conclu par le Chili avec un pays africain et le premier signé par le Maroc avec une nation d’Amérique latine. Une perspective qui témoigne de la volonté des deux partenaires d’élargir leurs horizons économiques au-delà de leurs zones d’influence traditionnelles.
Pour Santiago, le Maroc représente bien davantage qu’un marché en pleine croissance. Avec près de 40 millions d’habitants, une économie en transformation et un environnement de plus en plus attractif pour les investisseurs étrangers, le Royaume suscite un intérêt croissant auprès des entreprises chiliennes. Paula Estévez a ainsi souligné la complémentarité des économies marocaine et chilienne, estimant que cette convergence offre un terrain favorable au développement de nouvelles opportunités commerciales.
La responsable chilienne a également mis en avant l’emplacement stratégique du Maroc, considéré comme une porte d’entrée vers le continent africain. Un argument de poids pour le Chili, qui ne dispose actuellement d’aucun accord commercial avec un pays africain. Pour les autorités chiliennes, un rapprochement économique avec Rabat pourrait faciliter l’accès à un marché continental en pleine expansion et renforcer les liens avec les économies africaines.
Du côté marocain, ce projet s’inscrit dans une stratégie plus large visant à diversifier les partenariats commerciaux du Royaume et à consolider son rôle de plateforme économique entre l’Europe, l’Afrique et les Amériques. L’accord envisagé pourrait offrir de nouvelles perspectives aux exportateurs marocains, tout en favorisant l’arrivée d’investissements chiliens dans plusieurs secteurs d’activité.
Les échanges commerciaux entre les deux pays affichent déjà une dynamique positive. Selon les données communiquées par les autorités chiliennes, le volume des échanges bilatéraux est passé de 10,4 millions de dollars en 2003 à 80,3 millions de dollars en 2025. Au cours des cinq dernières années, cette relation commerciale a progressé à un rythme annuel moyen de 31,5 %, illustrant l’intérêt croissant des opérateurs économiques des deux rives de l’Atlantique.
Cette évolution s’inscrit dans la stratégie de diversification des marchés poursuivie par le Chili, qui cherche à renforcer ses liens avec plusieurs économies émergentes. Aux côtés du Maroc, des pays comme l’Inde ou les Philippines figurent également parmi les partenaires ciblés par cette politique d’ouverture.
Le lancement de ces négociations ouvre ainsi un nouveau chapitre dans les relations entre Rabat et Santiago. Au-delà de l’augmentation des échanges commerciaux, les deux pays ambitionnent de bâtir un partenariat durable capable de renforcer les flux d’investissements et de rapprocher davantage l’Afrique et l’Amérique latine sur le plan économique.


