Mardi, Elon Musk et Sam Altman se sont retrouvés face à face en Californie, au tribunal d’Oakland, pour l’ouverture du procès OpenAI. Au cœur du litige : des accusations portées par Musk, qui reproche à Altman d’avoir trahi la vocation non lucrative du projet qu’ils ont cofondé en 2015.
Dès l’entame du procès, la juge fédérale Yvonne Gonzalez a recadré les deux hommes, pointant du doigt leurs échanges virulents sur X (ex-Twitter), désormais propriété d’Elon Musk. Elle leur a d’ailleurs imposé une stricte retenue sur les réseaux sociaux pendant toute la durée de la procédure.
Du côté de l’accusation
Prenant la parole en premier, l’avocat de Musk, Steven Molo, a posé les bases de l’offensive judiciaire. Selon lui, les défendeurs auraient « volé une organisation caritative ». Il les accuse également d’avoir détourné une structure créée dès le départ comme une entité à but non lucratif.
La défense de Musk a insisté sur la vision originelle du projet, présentant l’entrepreneur comme un acteur majeur qui n’aurait rien à se reprocher. Cofondateur d’OpenAI en 2015, Elon Musk aurait investi des dizaines de millions de dollars dans une structure censée développer une intelligence artificielle bénéfique pour l’humanité.
Par ailleurs, Musk réclame l’éviction de Sam Altman et de Greg Brockman, cofondateur et président d’OpenAI, ainsi qu’une rupture des liens avec Microsoft, qu’il accuse d’enfreindre les règles de la concurrence.
Aux origines du conflit
L’affaire remonte à la création d’OpenAI, lorsque Sam Altman convainc Elon Musk de cofonder un laboratoire à but non lucratif, dont la technologie devait « appartenir au monde ». Mais des désaccords apparaissent rapidement, et la relation entre les deux hommes se détériore dès l’hiver 2017-2018.
En 2019, OpenAI crée une entité commerciale afin d’attirer des investisseurs, notamment Microsoft, qui commence à financer le projet. Depuis, l’entreprise a connu une croissance rapide et s’impose aujourd’hui comme un acteur majeur du secteur, avec une valorisation estimée à 852 milliards de dollars.
De son côté, Elon Musk a lancé son propre laboratoire d’intelligence artificielle, xAI, valorisé à environ 1 250 milliards de dollars.
Une bataille d’influence dans l’industrie technologique
Au-delà du différend personnel, ce procès soulève une question centrale : qui doit contrôler le développement de l’intelligence artificielle, et dans quel intérêt ?
Elon Musk, désormais à la tête de sa propre structure, accuse OpenAI d’avoir privilégié une logique de profit, une critique rejetée par ses dirigeants. Ces derniers défendent une évolution nécessaire pour financer des technologies particulièrement coûteuses.
Les avocats de Microsoft ont également contesté les accusations de Musk, affirmant que ce dernier avait lui-même envisagé, par le passé, une transformation d’OpenAI vers un modèle lucratif. Ils soutiennent par ailleurs qu’il aurait tenté d’intégrer OpenAI à Tesla, entreprise à but commercial.
Un procès à l’issue incertaine
Trois principales questions devront être tranchées par la juge : OpenAI a-t-elle trahi sa mission initiale ? S’est-elle enrichie de manière injustifiée ? Et ses relations avec Microsoft respectent-elles le droit de la concurrence ?
Si Elon Musk affichait initialement une certaine confiance, le déroulement du procès semble avoir tempéré ses ambitions. Le tribunal a déjà rejeté plusieurs de ses demandes, réduisant la portée de ses accusations et le plaçant dans une position plus fragile.
La seconde phase du procès est attendue à la mi-mai. Reste à savoir de quel côté penchera le verdict.

