À Tanger, une vingtaine de jeunes étudiants et acteurs associatifs ont pris part, vendredi, à un atelier de formation dédié au plaidoyer pour l’abolition de la peine de mort. L’initiative, portée par la Commission régionale des droits de l’Homme (CRDH) de Tanger-Tétouan-Al Hoceima, s’inscrit dans une dynamique nationale visant à élargir la mobilisation des jeunes autour de cette question sensible des droits humains.
Organisée dans le cadre d’un cycle de rencontres régionales programmées entre mars et juin 2026 par le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), en partenariat avec la Coalition marocaine contre la peine de mort, le Conseil de l’Europe et l’organisation Ensemble contre la peine de mort (ECPM), cette formation ambitionne de doter les participants d’outils concrets pour défendre l’abolition de la peine capitale au Maroc.
Au cœur des échanges, la nécessité de sortir le débat de ses cercles habituels. Pour les intervenants, la question de la peine de mort ne peut plus rester confinée aux sphères politiques ou académiques. Elle doit désormais être portée par une nouvelle génération capable de s’approprier les enjeux et de les traduire en actions de sensibilisation et de plaidoyer. L’universitaire Abdallah Ounnir a insisté sur cette ouverture, estimant que l’ancrage de cette culture auprès des jeunes constitue un levier déterminant pour faire évoluer les mentalités.
Même constat du côté de la CRDH. Sa directrice exécutive, Souad Nejjar, a rappelé que si la peine de mort demeure inscrite dans l’arsenal juridique national, son application est suspendue depuis 1993. Une situation qui alimente, depuis plusieurs années, un débat constant au Maroc comme à l’international. Dans ce contexte, la mobilisation de la jeunesse apparaît comme un facteur clé pour relancer la réflexion, à l’approche du 9e Congrès mondial contre la peine de mort prévu en juin à Paris.
Pour les participants, cet atelier représente bien plus qu’une simple formation. Il offre l’occasion d’acquérir des connaissances juridiques et sociales solides, mais aussi de développer des compétences en communication et en conception de campagnes de sensibilisation. Plusieurs jeunes ont souligné l’importance de disposer d’arguments structurés pour défendre le droit à la vie, reconnu comme un principe fondamental par la Constitution et les conventions internationales.
Le programme de la rencontre a ainsi alterné entre présentations théoriques et approches pratiques. Les participants ont exploré l’état des lieux de l’abolition de la peine de mort à l’échelle mondiale, les efforts engagés pour sa suppression dans la législation nationale, ainsi que les mécanismes de plaidoyer adaptés aux réalités locales.
À travers ce type d’initiatives, les organisateurs entendent renforcer un mouvement de fond qui, progressivement, cherche à inscrire l’abolition de la peine de mort dans le débat public marocain. La transmission aux jeunes générations apparaît désormais comme une étape incontournable pour donner à cette cause une portée durable.


