Le Maroc confirme son positionnement de référence en matière de météorologie et de gestion des risques naturels en Afrique. Réunie mercredi à Casablanca à l’occasion de la Consultation nationale sur le dispositif d’Alerte Précoce pour Tous, la Secrétaire générale de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), Celeste Saulo, a salué les avancées réalisées par le Royaume dans le développement des systèmes d’alerte précoce et dans le renforcement de la résilience face aux catastrophes naturelles.
Devant des responsables nationaux et internationaux, la dirigeante de l’OMM a mis en avant le modèle marocain, fondé sur une coordination entre plusieurs institutions publiques impliquées dans la surveillance des risques et la protection des populations. Elle a souligné que le Royaume dispose aujourd’hui d’un dispositif opérationnel capable d’anticiper les phénomènes météorologiques extrêmes, grâce notamment au rôle central assuré par la Direction générale de la météorologie (DGM).
Cette reconnaissance intervient alors que les événements climatiques extrêmes se multiplient à travers le monde. Sécheresses prolongées, vagues de chaleur, inondations soudaines et tempêtes représentent désormais des défis majeurs pour les États, poussant les organisations internationales à accélérer le déploiement de mécanismes d’alerte performants et accessibles à tous.
Pour l’OMM, le Maroc ne se distingue pas uniquement par ses capacités nationales. Le Royaume s’est également imposé comme un acteur régional majeur dans le domaine météorologique. Casablanca accueille plusieurs structures stratégiques reconnues à l’échelle internationale, parmi lesquelles le Centre Climatique Régional pour l’Afrique du Nord, le Centre Régional d’Instrumentation ainsi que le Centre mondial des systèmes d’information de l’OMM.
Ces plateformes permettent au Maroc d’accompagner de nombreux pays d’Afrique du Nord, de l’Ouest et du Centre dans le développement de leurs services météorologiques et climatologiques. Formation des experts, partage des données, renforcement des infrastructures techniques et amélioration des systèmes de prévision figurent parmi les principaux axes de cette coopération régionale.
Lors de son intervention, Celeste Saulo a rappelé l’urgence d’accélérer la mise en œuvre de l’initiative mondiale « Early Warnings for All » (EW4All), portée par les Nations unies. Ce programme vise à garantir qu’aucune population ne soit privée d’un système d’alerte précoce efficace face aux risques naturels. Selon les projections internationales, les phénomènes météorologiques extrêmes continueront d’occuper une place centrale parmi les menaces mondiales au cours de la prochaine décennie.
Même constat du côté de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. Son secrétaire général, Jagan Chapagain, a insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention, de préparation et d’intervention face à l’accélération des dérèglements climatiques.
Pour le responsable humanitaire, l’efficacité d’un système d’alerte ne se mesure pas uniquement à sa capacité de détecter un danger, mais surtout à sa faculté de déclencher des actions concrètes et rapides sur le terrain. Il a salué les efforts déployés par le Maroc pour intégrer cette approche dans sa stratégie de gestion des risques naturels et renforcer la protection des populations exposées.
Jagan Chapagain a également plaidé pour un développement accru des dispositifs d’action anticipative fondés sur les prévisions d’impact. L’objectif consiste à permettre aux autorités et aux communautés de prendre des mesures avant la survenue d’un événement dangereux, réduisant ainsi les pertes humaines et matérielles.
L’accès à l’information des populations les plus vulnérables a également été identifié comme une priorité. Les zones rurales et éloignées demeurent souvent les plus exposées aux conséquences des catastrophes naturelles. D’où l’importance d’améliorer les canaux de communication, de renforcer la préparation communautaire et d’associer davantage les acteurs locaux aux stratégies de prévention.
Organisée conjointement par la Direction générale de la météorologie, relevant du ministère de l’Équipement et de l’Eau, et la Direction de la gestion des risques naturels du ministère de l’Intérieur, cette consultation nationale se poursuit jusqu’au 26 juin à Casablanca. Elle s’inscrit dans le cadre de l’initiative des Nations unies « Early Warnings for All », soutenue par l’Organisation météorologique mondiale et le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophe.
En accueillant cette rencontre, le Maroc réaffirme sa volonté de renforcer son système d’alerte précoce et de contribuer à l’objectif fixé par les Nations unies d’assurer une protection universelle des populations grâce à des mécanismes d’alerte fiables d’ici 2027.

