Après sept années consécutives marquées par un déficit pluviométrique sévère, la province d’Essaouira retrouve enfin des couleurs. Les pluies abondantes enregistrées ces derniers mois ont profondément amélioré la situation agricole, insufflant une dynamique nouvelle à l’ensemble des filières et ravivant l’espoir chez les agriculteurs comme chez les éleveurs.
La campagne agricole 2025-2026, initialement compromise par le retard des précipitations, a connu un retournement décisif à partir de la fin novembre. Avec plus de 250 millimètres de pluie, bien répartis dans le temps, l’humidité des sols s’est nettement améliorée et les réserves hydriques ont été reconstituées, créant des conditions favorables à la relance de la production.
Cette évolution climatique positive s’est traduite par une reprise marquée des grandes cultures. À l’échelle provinciale, plus de 160.000 hectares ont été emblavés en cultures d’automne, dépassant les prévisions initiales. Une mobilisation agricole soutenue, encouragée par les perspectives prometteuses de la saison en cours.
Dans la commune de Meskala, considérée comme le cœur agricole de la province, les effets de ces pluies bienfaitrices sont visibles à perte de vue. Les paysages verdoyants et la reprise généralisée de l’activité agricole témoignent d’un retour progressif à des conditions de production favorables, après plusieurs campagnes dominées par le stress hydrique.
Selon la direction provinciale de l’Agriculture, l’amélioration des conditions climatiques a eu un impact positif sur l’ensemble des indicateurs agricoles. L’approvisionnement en semences sélectionnées et en engrais subventionnés a été renforcé, parallèlement à la promotion du semis direct et du conseil agricole, afin de consolider la résilience des exploitations face aux aléas climatiques.
Le secteur de l’élevage bénéficie lui aussi de cette embellie. La régénération du couvert végétal naturel a permis une nette amélioration des pâturages, réduisant la dépendance des éleveurs aux aliments industriels et allégeant sensiblement les charges de production.
La filière maraîchère affiche, de son côté, des perspectives encourageantes. Près de 6.000 hectares sont actuellement consacrés aux cultures légumières, incluant notamment la tomate, l’oignon, le poivron, le petit pois, la carotte et le navet. Une production qui devrait répondre à la demande du marché local, en particulier à l’approche du mois de Ramadan.
Autre pilier socio-économique de la province, l’arganier connaît également une véritable renaissance. Après plusieurs années de sécheresse sévère, les prévisions annoncent une récolte prometteuse. La phase coutumière de protection de la forêt, l’Agdal, devrait être enclenchée à partir de mai ou juin, en vue d’une récolte prévue en septembre.
Avec plus de 136.000 hectares de forêts d’arganiers, la province pourrait enregistrer un rendement dépassant une tonne par hectare pour les vergers agricoles et une production estimée à près de 2.000 tonnes d’huile, soit environ un quart de la production nationale. Une évolution susceptible de contribuer à la stabilisation des prix après plusieurs années de tension sur le marché.
La filière oléicole n’est pas en reste. L’amélioration de la floraison et de la fructification des oliviers laisse présager une campagne de qualité, avec des retombées positives attendues sur l’activité des unités de trituration et sur l’emploi local.
Les ressources hydriques ont, elles aussi, connu une amélioration notable. La recharge des nappes phréatiques, notamment dans les zones irriguées, permet de sécuriser l’approvisionnement en eau et de renforcer la durabilité des systèmes d’irrigation, en particulier le goutte-à-goutte.
Sur le terrain, l’optimisme est palpable. Les agriculteurs évoquent une saison exceptionnelle, marquée par de bons rendements, une amélioration des cultures de printemps et une baisse des coûts liés à l’élevage. Certains parlent même de résultats devenus inespérés après des années de sécheresse.
Dans l’ensemble, les pluies de cette saison ont permis une relance globale de l’agriculture dans la province d’Essaouira, améliorant les conditions de production, renforçant la sécurité alimentaire et redonnant confiance à tout un territoire rural. Les autorités agricoles restent toutefois mobilisées pour consolider ces acquis et poursuivre les efforts d’adaptation face aux effets du changement climatique.

