Le Maroc et la Corée du Sud amorcent une nouvelle phase de leur coopération économique. Rabat et Séoul ont convenu, jeudi, de lancer un processus devant aboutir à la négociation d’un Accord de Partenariat Économique Global, à l’issue d’un entretien en visioconférence entre le secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur, Omar Hejira, et le ministre coréen du Commerce, de l’Industrie et des Ressources, Kim Jung-Kwan.
Les deux responsables ont officialisé la création d’un groupe de travail chargé d’approfondir les discussions exploratoires et de préparer le terrain à l’ouverture de négociations formelles. Cette initiative traduit la volonté commune des deux pays de renforcer leurs échanges commerciaux et de bâtir un cadre de coopération économique plus ambitieux.
Pour Séoul, ce futur accord représente un levier majeur pour consolider les relations bilatérales. Le ministre coréen Kim Jung-Kwan a estimé que ce partenariat pourrait stimuler de manière significative les flux commerciaux et les investissements entre les deux pays, tout en donnant naissance à une alliance économique de plus grande envergure.
La Corée du Sud voit notamment dans cet accord une opportunité d’accélérer les investissements dans plusieurs secteurs stratégiques. Les véhicules électriques, les batteries, la construction navale et l’industrie de défense figurent parmi les domaines identifiés comme prioritaires. Séoul souhaite également renforcer sa coopération avec le Maroc dans les chaînes d’approvisionnement liées aux batteries, la mobilité durable, les énergies renouvelables, l’aéronautique et les technologies industrielles avancées.
Du côté marocain, Omar Hejira a souligné l’importance accordée à cette démarche, tout en insistant sur la nécessité de préserver les intérêts économiques et industriels des deux partenaires. Selon lui, l’ouverture de discussions en vue de conclure un Accord de Partenariat Économique Global constitue une opportunité pour instaurer un cadre moderne, équilibré et bénéfique aux opérateurs économiques des deux pays.
Le responsable marocain a également affirmé que le Royaume aborderait ces futures négociations dans un esprit de dialogue et de pragmatisme, avec une attention particulière portée aux priorités nationales en matière de développement industriel et économique.
Au-delà de la simple facilitation des échanges commerciaux, Rabat souhaite que cet accord favorise les investissements productifs, le transfert de technologies, l’innovation et le renforcement des capacités industrielles. L’objectif est également d’encourager une meilleure intégration des chaînes de valeur et d’accompagner la montée en gamme des économies marocaine et coréenne.
Cette orientation s’inscrit dans la stratégie du Maroc visant à attirer davantage d’investissements étrangers dans les secteurs à forte valeur ajoutée. Ces dernières années, le Royaume a multiplié les partenariats internationaux dans des domaines liés à la transition énergétique, à l’industrie automobile, aux énergies renouvelables et aux nouvelles technologies, renforçant ainsi son positionnement comme plateforme industrielle et logistique à l’échelle régionale.
La rencontre entre Omar Hejira et Kim Jung-Kwan a également permis de mettre en lumière les complémentarités existantes entre les deux économies. Le Maroc dispose d’atouts reconnus dans les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique, des énergies vertes et de la logistique, tandis que la Corée du Sud figure parmi les leaders mondiaux dans les technologies industrielles, l’électronique, les batteries et l’innovation.
La création de ce groupe de travail ouvre désormais la voie à une phase plus approfondie de concertation. Si les discussions aboutissent, le futur Accord de Partenariat Économique Global pourrait devenir un instrument structurant pour les relations économiques entre Rabat et Séoul, en favorisant les investissements, les transferts de savoir-faire et le développement de projets industriels communs dans des secteurs stratégiques pour les deux pays.


