Le Maroc entend transformer la forte dynamique de son tourisme en véritable levier d’investissement structurant pour l’hôtellerie et les infrastructures d’accueil. Réunis à Rabat à l’occasion de l’Hospitality Innovation Summit Morocco, décideurs publics, investisseurs internationaux, groupes hôteliers et experts ont examiné les perspectives d’un secteur en pleine expansion, porté par une trajectoire de croissance continue et une stratégie nationale clairement orientée vers 2030.
Dès l’ouverture des travaux, la ministre du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire, Fatim-Zahra Ammor, a mis en avant un changement d’échelle inédit. Le pays, qui accueillait 13 millions de visiteurs en 2019, enregistre près de 20 millions en 2025, avec un objectif affiché de 26 millions à l’horizon 2030. Cette progression est présentée comme le résultat d’une stratégie articulée autour de la montée en gamme de l’offre, de l’amélioration de la connectivité aérienne, du renforcement des infrastructures et d’un effort soutenu pour renforcer l’attractivité du Royaume auprès des capitaux étrangers.
Au cœur de cette dynamique, l’investissement hôtelier occupe une place centrale. Le Maroc a renforcé sa capacité d’hébergement avec plus de 45.000 lits supplémentaires ces dernières années, tout en engageant un vaste programme de modernisation du parc existant à travers le dispositif Cap Hospitality. Cette politique vise à répondre à la montée en puissance de la demande touristique tout en améliorant les standards de qualité exigés par les marchés internationaux.
Sur le plan réglementaire, la mise en œuvre de la loi 80-14 est venue consolider le cadre d’investissement dans le secteur touristique, en offrant davantage de visibilité aux opérateurs et en structurant les mécanismes de gouvernance. Pour la ministre, ces évolutions traduisent une ligne directrice cohérente qui a permis de renforcer la confiance des investisseurs et de positionner durablement le Maroc comme une destination compétitive à l’échelle mondiale.
Les échanges du sommet ont également mis en lumière le rôle d’acteurs institutionnels clés dans l’accompagnement de cette transformation. Le directeur général de la Société Marocaine d’Ingénierie Touristique, Imad Barrakad, a insisté sur la diversité des projets d’investissement répartis sur l’ensemble du territoire et sur les dispositifs mis en place pour fluidifier le parcours des investisseurs, de la conception à la réalisation des projets.
Dans la même logique, le président de la Confédération Nationale du Tourisme, Hamid Bentahar, a souligné l’importance du partenariat entre le secteur public et le secteur privé. Il a rappelé que la dynamique actuelle repose sur une mobilisation coordonnée des acteurs de l’écosystème touristique, en lien avec les orientations de la feuille de route nationale du secteur.
À travers ce sommet, le Maroc confirme sa volonté de transformer la croissance des arrivées touristiques en investissements durables, notamment dans l’hôtellerie, la rénovation des infrastructures et le développement de nouvelles capacités d’accueil. L’enjeu dépasse la simple augmentation des flux touristiques : il s’agit d’ancrer le Royaume dans une trajectoire de compétitivité durable, capable de soutenir son ambition de figurer parmi les grandes destinations mondiales à l’horizon 2030.
La convergence entre politiques publiques, intérêt des investisseurs internationaux et montée en puissance de l’offre touristique dessine ainsi un cycle de croissance que les autorités souhaitent désormais convertir en projets concrets, créateurs de valeur et d’emplois à long terme.


