Le déficit commercial du Maroc poursuit sa progression. À fin mai 2026, il a dépassé les 159 milliards de dirhams, enregistrant une hausse de 20,8 % par rapport à la même période de 2025. L’accélération des importations, portée notamment par les achats de produits énergétiques, d’équipements et de matières premières, a largement dépassé la progression des exportations, selon les dernières données publiées par l’Office des changes.
Les échanges extérieurs du Royaume continuent d’être marqués par un déséquilibre croissant. Entre janvier et mai 2026, les importations de biens ont atteint 370,5 milliards de dirhams, en progression de 11,8 % sur un an, tandis que les exportations se sont établies à 211,41 milliards de dirhams, soit une hausse plus modérée de 5,8 %. Cette évolution porte le déficit commercial à 159 milliards de dirhams, contre près de 132 milliards un an auparavant.
Cette dynamique s’est également traduite par un recul du taux de couverture des importations par les exportations. Celui-ci s’est établi à 57,1 %, en baisse de 3,2 points, confirmant l’écart grandissant entre les achats du Maroc à l’étranger et les recettes générées par ses ventes.
La hausse des importations s’explique principalement par la forte progression des achats de plusieurs catégories de produits. Les produits bruts affichent la plus forte augmentation avec 24,15 milliards de dirhams, en hausse de 42,5 %. Les importations d’énergie et lubrifiants ont également connu une nette progression de 20,7 %, atteignant 55,18 milliards de dirhams, reflet d’une facture énergétique toujours élevée.
Les produits finis d’équipement poursuivent également leur progression avec 89,92 milliards de dirhams, en hausse de 18,7 %, signe d’une demande soutenue en équipements industriels et d’investissement. Les produits finis de consommation progressent de 10,8 % pour atteindre 89,3 milliards de dirhams, tandis que les demi-produits enregistrent une légère hausse de 0,2 %, à 70,76 milliards de dirhams.
À l’inverse, les importations de produits alimentaires reculent de 2,4 %, s’établissant à 40,16 milliards de dirhams, seule catégorie en baisse sur les cinq premiers mois de l’année.
Du côté des exportations, certains secteurs continuent de soutenir la performance du commerce extérieur marocain. L’industrie automobile demeure le premier moteur des ventes à l’international avec 77,05 milliards de dirhams, en progression de 15,9 %. Le secteur aéronautique confirme également sa montée en puissance grâce à une hausse de 14,2 %, portant ses exportations à 13,85 milliards de dirhams.
En revanche, plusieurs filières stratégiques ont enregistré un repli. Les exportations du secteur textile et cuir diminuent de 9,1 %, celles de l’électronique et de l’électricité reculent de 9,8 %, tandis que les ventes de phosphates et dérivés affichent une baisse de 11,2 %, illustrant un ralentissement de ces activités sur les marchés internationaux.
Les échanges de services offrent toutefois un signal plus favorable. L’Office des changes indique que l’excédent de la balance des services s’est renforcé de 11,1 %, atteignant 64,3 milliards de dirhams à fin mai. Cette amélioration résulte d’une progression des exportations de services de 10,6 %, à 130,9 milliards de dirhams, supérieure à celle des importations de services, qui ont augmenté de 10,1 % pour s’établir à 66,6 milliards de dirhams.
Ces résultats mettent en évidence une économie marocaine toujours dynamique sur le plan des échanges, mais confrontée à une hausse soutenue de ses besoins d’importation. Si les secteurs de l’automobile et de l’aéronautique continuent de renforcer les exportations, le creusement du déficit commercial rappelle l’importance de consolider la compétitivité des filières exportatrices et de diversifier davantage les sources de croissance du commerce extérieur.

