Le secteur des assurances au Maroc s’impose comme un levier central de résilience face aux chocs économiques et climatiques, a affirmé jeudi à Rabat la ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah. Intervenant lors de la conférence marquant le 10e anniversaire de Autorité de Contrôle des Assurances et de la Prévoyance Sociale, elle a appelé à une transformation en profondeur du rôle de l’assurance dans l’économie nationale.
Au cœur de cette évolution, la création de l’ACAPS en 2016, adossée à la loi 64-12, a posé les bases d’une régulation indépendante, alignée sur les standards internationaux. Ce choix, présenté comme structurant, a contribué à instaurer un climat de confiance et à renforcer la crédibilité du dispositif de supervision. En une décennie, le marché marocain des assurances a vu sa taille doubler, signe d’un dynamisme réel, mais encore en deçà des attentes.
Car malgré cette progression, le taux de pénétration reste limité. Pour la ministre, le chantier est désormais clair : élargir l’accès aux produits d’assurance et renforcer l’inclusion financière afin de répondre à des besoins en constante évolution. Dans un environnement marqué par des risques de plus en plus imbriqués, la régulation ne peut plus se limiter à encadrer. Elle doit anticiper, en s’appuyant sur l’exploitation des données, une approche par les risques et l’encouragement de l’innovation, notamment à travers les insurtechs.
Cette mutation s’inscrit également dans la dynamique du chantier royal de généralisation de la protection sociale. L’extension de la couverture à une large frange de la population impose désormais d’assurer la qualité des prestations, leur continuité et leur viabilité financière. La réforme des retraites, attendue de longue date, figure parmi les priorités à conduire dans un cadre concerté.
De son côté, Hassan Boubrik, premier président de l’ACAPS et actuel directeur général de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale, est revenu sur la transformation institutionnelle opérée avec la création de l’autorité. Le passage de l’ancienne direction des assurances à une entité autonome a marqué une rupture dans la culture administrative, introduisant des exigences accrues en matière de gouvernance, de responsabilité et de performance.
Entre 2016 et 2021, l’ACAPS a consolidé ses fondations autour de deux priorités : la solidité financière des opérateurs face aux nouveaux risques et la protection des assurés. Cette période a également été marquée par une convergence progressive vers les normes internationales, tout en veillant à garantir l’équité des pratiques sur le marché national.
Sur la scène internationale, l’intégration de l’ACAPS au sein de Association Internationale des Contrôleurs d’Assurance a renforcé la position du Maroc dans les débats sur la régulation du secteur. Cette présence active permet au Royaume de défendre les intérêts des économies émergentes tout en accompagnant les grandes réformes nationales liées à la couverture médicale et aux systèmes de retraite.
Dix ans après sa création, l’ACAPS apparaît ainsi comme un pilier de la stabilité du secteur des assurances au Maroc. Le défi des prochaines années ne réside plus seulement dans la croissance du marché, mais dans sa capacité à s’adapter à des risques en mutation, à intégrer l’innovation et à répondre concrètement aux attentes des citoyens.

